graphismes

Les vieux font la sièste. Ce n’est pas leur pire défaut. 

Aujourd’hui, en ouvrant les yeux
Un étrange dessin apparait au plafond de la chambre. 
Reflets des rayons du soleil sur le canal, à côté de la maison.
Leur lumière changeante effleure sans doute un objet 
Puis ils déposent sa silhouette au dessus des regards
Sans aucun bruit

Graphisme simple, gris blanc cassé ; le plâtre n’est pas parfait. 
On imagine un minaret, une tour, une étrange construction
Chapeautée d’un toit à bulbe pointu, déformé.
Trace infime d’une ville disparue
Trace enfouie au plus loin de nos mémoires 
Ses murs ondulent au reflet du cours d’eau. 

Les mille et une nuits, en plein jour. 

Cette ombre fugace méritait immortalisation. 
Vite, la boite à image. Descente au rez-de-chaussée. 
Retour essoufflé en salle de projection ; le minaret a disparu. 
J’attends. J'attends encore. Encore. Il n’est jamais revenu.

Tempus fugit. 

Il n’y a pas que les minarets qui s’évanouissent.